Agrégation de métadonnées, moteurs de recherche et interfaces 2010-2014 : présentation

Un projet comme Numdam, quels que soient sa réussite ou son caractère exemplaire, ne propose qu’un infime pourcentage des collections utiles au mathématicien actif, pour ne pas parler du patrimoine mathématique en général. Mathdoc a donc toujours cherché des partenariats pour former des bibliothèques de plus grande envergure et promu le protocole OAI-PMH qui est un moyen à la fois simple et efficace d’agréger des bibliothèques virtuelles à partir de briques dispersées. C’est pourquoi nous nous sommes dotés de serveurs OAI-PMH pour diffuser nos métadonnées qui sont ainsi réutilisées par tous les sites intéressés ; un serveur spécifique a été développé en 2012 dans le cadre de notre partenariat avec la BNF, de telle sorte que Numdam est désormais bibliothèque associée à Gallica. Mais les collections Numdam peuvent aussi être cherchées dans des ensembles plus vastes adaptés à des publics variés : OAIster (l’ancêtre des agrégateurs OAI), Isidore (dédié SHS, où l’on pense toucher les historiens des sciences, p. ex.), BASE (Bielefeld academic search), etc.

Dans l’autre direction, nous n’avons eu de cesse de chercher à faire avancer en parallèle l’idée d’une bibliothèque universelle de mathématiques, qui serait constituée de réservoirs de données de tailles variables produits par des organisations réparties dans le monde mais interopérables. Pour faire avancer les choses, nous avons dès 2006 créé la mini-DML comme démonstrateur de faisabilité : il s’agit d’un agrégateur OAI-PMH qui récupère les métadonnées d’une dizaine de sources et fournit une interface simple de recherche. Pendant de nombreuses années, certaines collections n’ont été cherchables que là (notre JMPA par exemple, mais aussi la revue Portugalia Mathematicæ, et dans une certaine mesure une partie des collections numérisées à Göttingen). Dans la même veine, et à la même époque, le service Linum a permis de naviguer dans plusieurs sources de livres numérisés. Le catalogue n’a pas été mis à jour récemment. La stratégie retenue a été de faire avancer les projets européens ou internationaux plutôt que de créer de nouveaux silos de données locaux. Cela dans le but d’y intégrer nos collections isolées (comme par exemple le JMPA qui a été versé dans EuDML), mais aussi de faire développer et tester des technologies à une échelle que nos moyens ne nous permettent pas d’atteindre en vue de nous les réapproprier in fine pour fournir un meilleur accès à nos collections.

Au cours de la période, un certain nombre d’avancées majeures ont été obtenues :

  • Le projet EuDML a été financé et a donc réalisé le premier projet concret dépassant les frontières nationales.
  • L’académie des sciences de Washington a décroché un financement de la fondation Sloan  pour faire une étude de faisabilité d’une bibliothèque de mathématiques historiques. La fondation Sloan ayant conscience du caractère mondial de la littérature mathématique, a pris contact avec le CEIC de l’IMU pour organiser un symposium et impliquer la communauté internationale dans la réflexion. Il s’en est suivi un rapport du National Research Council en 2014, un certain nombre d’activités à l’occasion du congrès international de Séoul, et la création d’un groupe de travail pour concevoir l’implémentation de ce projet.